Concert de clôture du stage de l’académie jazz
Le jazz club s’est éteint au petit matin. Les professeurs, les élèves, les artistes et autres musiciens de passage se sont évanouis à l’aube naissante.
Mais pas de répit pour autant car le jazz-club a réouvert ses portes vers 9h00 pour le concert de fin de stage. Le festival « la musique des cuivres » ne propose pas que des concerts. C’est aussi un lieu de travail pour les musiciens désireux de se frotter à la musique jazz : technique instrumentale, travail d’ensemble et improvisation. Encadrés par des professeurs prestigieux, les 71 élèves de l’académie ont travaillé pendant 8 jours. C’était l’heure de donner à entendre le travail de la semaine.
Les styles musicaux dépendent des professeurs : jazz actuel pour les formations
d’Hubert Dupont,
JC Cholet et
Pierre-Olivier Govin, swing pour la classe de
Claude Egéa, brass band pour
François Thuillier et
Denis Leloup, rythmique pour
Emmanuel Scarpa, be-bop pour
Jean Gobinet…
Il se joue quelque chose parmi les musiciens. Car la musique a cette particularité de laisser de la liberté aux musiciens. Il ne s’agit pas seulement de lire et d’interpréter de la musique mais également de jouer un « chorus », les fameux solos qui constituent le piment de la musique jazz. Quelque soit le niveau des élèves, tous ont leur mot à dire. Certains élèves aguerris fignolent leur solo tandis que d’autres, novices en la matière, tentent de maintenir le cap de leur improvisation. La maturité n’est pas affaire d’années. De jeunes instrumentistes de 15 ans ont tenu la dragée haute à des vieux loups de l’impro. L’esprit du jazz a de nouveau soufflé dans la plus pure tradition des cuivres du Monastier. En fait le jazz-club n’avait pas fermé, il avait simplement fait une pause.
Courir les rues- Les blérots de R.A.V.E.L.
Le collectif fanfare du Monastier a ouvert le bal devant le chapiteau. Cette formation locale a accompagné les spectateurs sous le chapiteau au son de ses morceaux fortement cuivrés.
La salle, remplie aux deux tiers, s’est échauffée au son du groupe « courir les rues ». Quatre musiciens, multi-instrumentistes, osent une formule inédite dans la programmation du festival 2007 : il n’y a quasiment jamais de percussions. Tous les musiciens sont au service de la rythmique. Le chanteur a eu une présence incroyable : sa voix a porté les accents d’une chanson française bien sentie, tour à tour chronique sociale, portrait et philosophie du quotidien. Certains spectateurs analysent :
« Ce sont de vrais pros, car il n’est pas aisé de tenir la scène sans batteur. Le leader du groupe est vraiment charismatique ».
Et c’est bien un point commun avec le groupe qui a suivi.
Les blérots de R.A.V.E.L. ont placé le chant très en avant. Ce n’est pas un chant prétexte, mais une parole revendiquée et soignée. Les textes des deux groupes sont dans la même veine. La différence se situe principalement dans la composition de formation. Le public a dansé sur leurs chansons parfumées de thèmes d’Europe de l’Est. Il y avait une dimension supplémentaire hier soir sous le chapiteau ; celle du spectacle. La mise en scène est millimétrée, calquée sur les changements d’ambiances et les contrastes propres à chaque chanson. Le leader confirme
« Nous ne préparons pas seulement un concert mais un véritable spectacle. Ce soir au Monastier, nous l’avons joué pour la dernière fois, après 250 représentations ». Ce n’est pas la fin de l’aventure pour autant car les blérots préparent déjà leur prochaine production. Peut-être les entendrons nous à l’occasion d’une prochaine édition.